Nous sommes au cœur de la wallonie picarde, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Amand-les Eaux et une soixantaine seulement de Lille. Stambruges est un village attachant, un village aux abords d’une forêt magnifique… Magnifique mais ô combien entourée de légendes, de traditions et de mystères. Suivons un des sentiers boisés, près de l’étonnante Mer de Sable. Il nous mène directement à la petite chapelle de  l’Ercompuch. Édifiée au milieu des bois, elle est bordée par deux arbres à loques, témoins d’une foi encore particulièrement vivante.

Les origines de la chapelle de l’Ercompuch

On la désigne par plusieurs vocables : chapelle de l’Ercompuch (en français Arcaupuits ou arc au puits),  la chapelle de l’Arbre au Puits, chapelle de Notre-Dame au puits, Notre-Dame de l’Arcaupuis… Restaurée et agrandie en 1889, on pense qu’à l’origine, elle occupait peut-être l’emplacement d’une source, disparue aujourd’hui. L’arc au puits ferait référence à une construction en voûte abritant le point d’eau. Cette source avait-elle des pouvoirs de guérison? Rien ne l’atteste mais la christianisation des fontaines, le remplacement d’une divinité païenne par un saint, une sainte ou plus fréquemment la figure de la Vierge est courant.

Les abords sont fréquentés mais restent pourtant tranquilles. Les deux bancs installés devant invitent les croyants à la prière,  les randonneurs à une pause, les curieux à prendre leur temps dans ce lieu si particulier. Car, l’une des particularités de l’endroit est de réunir deux croyances sans lien apparent … Sinon de faire cohabiter deux traditions, aussi vivantes l’une que l’autre : l’une religieuse, l’autre plus païenne… Encore que.

Un même endroit pour deux croyances différentes

En effet, même si certains objets sont laissés aux grilles de la chapelle, ceux qui viennent prier Notre-Dame et ceux qui laissent un linge votif accrochés aux arbres ne sont pas les mêmes. En dehors de la procession qui a lieu les 15 août, on vient à chapelle de l’Ercompuch pour y déposer une bougie et faire une prière. C’est le cas par exemple de cette dame, croisée un dimanche avec ses deux petits enfants. Elle me confia qu’elle venait ici depuis son enfance. Elle allumait une bougie votive et faisait une prière en hommage à la sainte Vierge. Le quotidien comme les moments familiaux importants étaient ainsi placés sous sa bénédiction. Elle transmettait aujourd’hui à ses petites filles ce lien particulier à Notre-Dame de l’Arcaupuis comme sa mère et sa grand-mère l’avait fait avec elle.

A ma question sur les deux arbres à loques à proximité, elle me répondit qu’elle n’avait jamais rien déposé. Elle n’y croyait pas me confia-t-elle…

Les deux arbres à loques de Stambruges

Ils sont deux, désormais, à porter les vœux et les espoirs de guérison. Le plus ancien, un robinier, est tombé à terre en 2009. On continue pourtant d’y enfoncer des clous et laisser des objets personnels, jouets, vêtements, chaussures, bandages…Ce sont les fameuses « loques » qu’on retrouvent également accrochées à des chapelles, des calvaires, des sources de la région … Le second, un chêne plus jeune, son »remplaçant » est juste à côté. Quelques « loques » pendent aussi au tronc pour finir à terre, signe de guérison selon la tradition. Mais visiblement, le vieux robinier, même mort, garde encore largement les suffrages des pèlerins.

On remarquera les clous enfoncés dans l’écorce. Les arbres à loques de Stambruges seraient en effet apparentés à la tradition des arbres à clous, une tradition autrefois courante dans le Nord de la France et en Belgique. A l’origine, on ne faisait que planter un clou dans l’arbre, le menhir ou la statue … en récitant une prière ou en faisant un vœu. Plus faciles à déposer, plus personnelles, les loques ont peu à peu pris le pas.

Les arbres à loques de Stambruges sont tout les deux invoqués pour la guérison des maladie de peau, des rhumatismes, des maladies infantiles, pour faciliter la marche des bébés ou la guérison des plaies … On ne sait pas à quand remonte cette croyance. En revanche lorsqu’on regarde les photos prises au début du XXe siècle, le robinier, à droite de la chapelle, ne semble pas encore couvert de loques.

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INFOS PRATIQUES | NORD DÉCOUVERTE

L’accès le plus proche de la chapelle est au départ de l’aire de pique-nique et barbecue de la « Mer de Sable », dans la forêt indivise de Stambruges. Prenez un petit chemin qui part en direction de l’Est. La chapelle est à quelques minutes de marche.

Stationnement : rue du Grippet, Stambruges, 7973 Beloeil. Préférez le second accès en suivant les panneaux Mer de Sable, forêt indivise, parcours VITA.

Indications GPS : 50°29’54.90″ N – 3°43’12.54″ E

Attention en période de pluie, les chemins s’avèrent boueux et plus difficilement praticable. Pour les personnes à mobilité réduite, une aide est conseillée.

picto-cafe ce picto indique une bonne tablePratique,  la taverne de la Mer de Sable est un point restauration tout à côté : rue de l’hippodrome, 7973 Stambruges – Tél. +32 69 56 23 13