Nous poursuivons la découverte des lieux qui font l’objet de croyances et de dévotion particulière par un arrêt devant la chapelle à loques Saint-Jean de Wignehies, dans le sud Avesnois. Cette petite chapelle traditionnelle témoigne d’une pratique encore très vivante, celle d’accrocher à la grille un chausson, une chaussette ou un soulier d’enfant.

La spécificité de la chapelle à loques Saint-Jean de Wignehies

Une chose surprend quand on observe les « loques » suspendues à la grille. Elles sont d’une grande homogénéité contrairement à beaucoup d’autres lieux de dévotion identiques, vous n’y verrez que des souliers, chaussons et des chaussettes d’enfant. Certains vêtements sont anciens, d’autres tout à faits neufs, preuve d’une dévotion et d’un culte encore particulièrement vivants. À terre, ceux qui sont tombés, signe, dit-on, que la prière a été exhaussée. L’usage veut en effet qu’on ne décroche jamais un objet pour placer le sien…

On vient ici pour demander de favoriser la marche d’un enfant, guérir de maladies, de malformations, de handicaps liés aux pieds ou à la motricité. L’abondance des petits souliers et chaussettes laissés montre à quel point, l’usage est encore très populaire. Ailleurs dans la région, on retrouve cette même tradition à la fontaine Saint-Martin au Hameau de Morcamps, près de Sanghen ou sur le tombeau de Saint Erkembode dans la cathédrale de Saint-Omer.

photo de la vierge qui est à l'intérieur de la chapelle à loques saint-Jean de WignehiesOn manque d’informations quant à la datation de la chapelle ou l’origine de cette dévotion. Aucune dédicace, ni date n’a été gravée. Si on se fie à la maçonnerie, on peut cependant penser qu’elle remonte au XIXe siècle. Mais a-t-elle remplacée un arbre, un monument, une pierre beaucoup plus anciens ? Et pourquoi le vocable de Saint-Jean puisque c’est une statue de la Vierge qui est à l’intérieur ? Le mystère reste entier.

D’ailleurs, plus qu’une chapelle, nous avons à faire  davantage à un oratoire tel qu’il en existe plusieurs centaines répertoriées dans l’Avesnois, dont plus d’une dizaine à Wignehies même. Initialement, il était couronné d’une boule et d’une croix, qui n’ont pas été replacées après être tombés. À noter que le monument fera l’objet d’une restauration complète courant 2018. Cette restauration apportera peut-être un nouvel éclairage sur l’histoire de l’édifice et la croyance qui lui reste attachée.

Nous remercions Madame Marie-France MICHAUX, présidente de l’association « Mémoire Vive de Wignehies » qui nous a parlé de la chapelle et des recherches historiques effectuées.

NORD DÉCOUVERTE | INFOS PRATIQUES

Accès libre à la chapelle : Rue Cogand, 59212 Wignehies | Position GPS : 50°0’24.53 » N 4°0’16.72 »E

À l’église, prendre la petite rue Jules Guesdes qui descend, puis prendre à gauche, en passant le petit pont. Toujours tout droit sur 1 km, env.  Longez la rue Jean de Fresnes puis prenez la rue Cogand. La chapelle est en bordure de rue.