Ces blocs en pierre ou en fer, sculptés ou parfois laissés à l’état brut, que l’on voit aux pieds des portes cochère,  d’un monument, à l’angle ou au début d’un pont, d’une rue – souvent étroite –s’appellent des boute-roue, bouteroue ou chasse-roue. Ces équipements font partie des rues d’autrefois, même si, beaucoup d’entre eux, ont encore une grande utilité. Simple borne en pierre, boule encastrée ou ouvrage en fonte travaillé, ils sont chargés de protéger les murs, les portes et même les arbres des ravages des roues de charrettes et voitures en tout genre. En l’absence de trottoirs ou lors d’un passage étroit, le boute-roue est là pour écarter la roue du mur en formant un obstacle.

Les boute-roues sont des petits patrimoines parfois très insolites

Les plus simples sont un bloc de pierre posé contre le mur, d’autres sont de véritables ouvrages d’art qui participaient pleinement au prestige de l’édifice. Pour la petite histoire, on réutilisa, sans états d’âme, certaines pierres déjà taillées sans regarder la provenance…  C’est ainsi qu’on retrouva, en 1872, un morceau d’une ancienne tombe servant de boute-roue à l’entrée du pont de Saint-Privé, dans le Cher.

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La borne menhir de Palluel

Parmi les plus curieux dans notre région, il y a sans aucun doute le boute-roue de Palluel dans le Pas-de-Calais. On le désigne comme la « pierre menhir ». Haut de 70 cm environ, adossé à une chapelle, il présente la particularité d’être sculpté d’un visage. Personne n’en connaît l’origine…Facétie d’un tailleur de pierre ou récupération d’une sculpture plus ancienne ? Toujours est-il que sa présence a sans doute été pour beaucoup dans la tranquillité de l’édifice qu’il protège bravement.

Ils sont devenus insolites à nos yeux parce que nous oublions peu à peu qu’ils existent. Ils font pourtant partie de ces petits patrimoines qui font la mémoire de nos rues. Amusez-vous à les chercher du regard… Vous verrez que certains vous réservent quelques surprises …