Nous poursuivons avec les sympathiques décrottoirs, l’exploration de ces petits patrimoines méconnus et insolites des rues qui échappent souvent à notre attention. En effet, leur présence, nous parle toujours d’un  » temps d’avant » qui résiste à l’oubli… De la physionomie des rues, des maisons… Et de toute une industrie du « petit » rien qui a pourtant su conjuguer utile et beau. Nous allons devoir nous baisser et river les yeux au sol pour découvrir les plus beaux décrottoirs ou gratte-boue en termes plus choisis.

Les décrottoirs, joindre l’utile à l’ornement

Pourquoi s’intéresser aux gratte boues me direz-vous ? D’abord, parce que les plus grands architectes en ont fait un élément décoratif à part entière… Ensuite, parce qu’ils nous ramènent à une époque où le moindre détail d’un bâtiment est pensé, dessiné, intégré avec un sens esthétique extraordinaire. Bâtiments publics ou habitations privées ont la même exigence. Les façades sont des cartes de visite, des témoins de puissance, de rayonnement, de dynamisme. S’essuyer les pieds, une marque de politesse.

Quand la boue collait terriblement aux chaussures

Les pavés, le goudron, les réseaux d’égouts ont chassé de notre quotidien citadin, cette espèce de seconde semelle qui collait désespérément aux chaussures. Pluie, immondices, petits et gros souvenirs laissés par les chevaux … Les rues étaient un défit à la propreté du logis.

Si personne ne peut vraiment dater l’apparition des premiers gratte-boues On peut en revanche observer leur apogée, artistiquement parlant, lorsqu’au XIXe siècle, la fonte est devenue une fonte d’art. Les fonderies rivalisent alors de modèles portatifs, scellés, encastrés, munis de tiroirs ou de petites trappes… Minimalistes ou ouvragés, humbles ou luxueux, sages, espiègles, naïfs ou grimaçants… Certains sont encore en place, d’autres ont laissé des sortes de petites niches orphelines à l’angle des portes.

Où voir les plus beaux gratte boues pas très loin de chez nous ?

Si vous êtes à Lille, promenez-vous rue de Colbert, rue de Solférino, boulevard Victor Hugo, vous en verrez encore avec leur appareillage en fonte, intégrés directement dans les pilastres d’entrée, en duo même aux portes cochères. Les petites niches vides vous rappelleront, qu’autrefois, il y en avait un. Enfin, des villes comme Bergues en possède aussi de remarquables…

Mais c’est à Bruxelles que les amateurs d’Art nouveau et Art déco et de décrottoirs somptueux seront comblés. Baladez-vous par exemple rue de Belle Vue dans le quartier d’Ixelles, arrêtez-vous au 83 de la rue Faider, dans le même quartier, devant la maison de maître signée Armand Van Waesberghe, sans parler, évidement, des sublimes conceptions Art nouveau de Victor Horta…

Vous aimez ces petits patrimoines des rues ? Découvrez les boute-roues ou les repères du nivellement qui vous ont peut-être un jour intrigués ou que vous n’aviez pas encore remarqués ?