Vous aimez les lieux surprenants ? Insolites et pleins de charme ? Vous allez adorer Écuélin dans l’Avesnois. Rendez-vous avec une commanderie des Hospitaliers du XIIe et les vestiges de sa chapelle romane. Un étrange menhir oratoire. Une fontaine miraculeuse… Et un saint qui n’existe nul par ailleurs. C’est sur les hauteurs du village que nous commençons cette jolie balade. À l’intersection de trois petites routes où se dresse sur un petit tertre une curieuse pierre chapelle.

La pierre chapelle du Capiot, un menhir christianisé ?

Plusieurs sources incluent la pierre chapelle dite Capiot ou Capiaux d’Ecuélin, dans l’inventaire des mégalithes de la région. Nous sommes en effet sur une des sept chaussées Brunehaut. Celle qui mène de Bavay à Reims. Des chaussées fertiles en légendes, en grès néolithiques et en pierres insolites. Il suffit d’évoquer les pierres jumelles d’Ecoivres, le gal de Gauchin-Légal ou encore la monumentale pierre d’Hollain en Belgique. Sur notre route, ici, nous trouvons effectivement à proximité, la pierre de Dessus-Bise de Sars Poterie et les pierres jumelles de Solre-le-Château.

gros plan sur le menhir oratoire du Capiot à écuélinLa forme générale de la pierre interpelle notamment avec sa couronne formée de 6 pointes. L’ensemble fait d’ailleurs en réalité penser davantage à une torche ou un flambeau enflammé qu’à une couronne. La pierre chapelle du Capiaux porte également deux autres noms : l’oratoire des Huit Béatitudes ou Notre-Dame du Bon Secours. Sa présence au somment d’un petit tertre, au croisement de routes, est éminemment symbolique. Le lieu lui-même sur les hauteurs d’Écuélin (170 m d’alt.), entouré d’arbres créé tout un faisceau de sens.

Indiquait-elle la proximité de la commanderie des Hospitaliers ? La pierre taillée en colonne vient-elle de la commanderie elle-même ? Une tradition veut qu’en touchant une à une les pointes de la couronne, votre mal de tête disparaît. Une croyance liée, nous dit-on, à la présence tout autour de la partenelle ou grande camomille. Cette plante est, en effet, connue en herboristerie pour soulager les migraines. Le calvaire construit juste à côté date quant à lui de 1811.

L’ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et sa chapelle romane

Suivez sur quelques centaines de mètres, la petite route qui mène au lieu-dit de la Ferme de l’Hôpital. Ce hameau a la particularité de posséder un des rares exemples d’architecture romane de la région. De la route, on découvre au milieu d’un champ (propriété privée), les vestiges massifs de la chapelle (8 m x 5 m) romane. Elle appartenait autrefois à la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. À noter que l’autel de la chapelle, une pierre bleue de 2 m x 1 m d’environ 750 kg, est conservé aujourd’hui dans l’église d’Écuélin.

L’ordre de l’Hôpital est un ordre hospitalier et militaire dont l’origine remonte à la fin du XIe. Il est étroitement lié à l’accueil, le soin et la protection des pèlerins en terre sainte puis plus largement au fil du temps en Europe et en France. Ils recevront notamment les biens de l’ordre des Templiers à sa dissolution en 1312. L’un des signes de reconnaissance est la croix à 8 pointes appelée croix de saint Jean ou croix de Malte.

La commanderie d’Écuelin fait partie des plus anciennes et des plus importantes commanderies du Hainaut-Cambrésis dès le XIIe. L’ensemble se composait alors d’une partie habitation, en front de route, d’une étable et isolée des bâtiments, la chapelle. Les bâtiments actuels portent en ancre sur les murs le millésime de 1791. Une date qui rappelle que la révolution française décidera de la confiscation de tous les biens des ordres religieux y compris ceux des Hospitaliers en France.

La place d’Ecuelin et sa Marianne reconnaissante

Avant de descendre jusqu’à la fontaine lavoir de la Paturelle, à côté de l’église, arrêtez-vous un instant sur la place du village. Plus particulièrement devant le buste d’une Marianne généreusement coiffée de lauriers. La petite histoire retient qu’elle fut offerte aux habitants d’Écuelin grâce à la souscription des républicains des cantons voisins (Berlaimont, Maubeuge, Cousoire) en remerciement de leur vote unanime le 27 novembre 1887 en faveur de la République ! 35 voix, 35 votes en faveur de Pierre Legrand et Maxime Lecomte, candidats à la Chambre.

La fontaine miraculeuse de la Paturelle

la fontaine lavoir de la Paturelle à écuélinPrenez le petit chemin herbeux qui prolonge l’impasse de la Fontaine et descend entre les maisons à partir de l’église Saint-Martin. À moins de 100 m, vous arrivez dans un endroit bucolique à souhait. Le lavoir, restauré depuis peu, abrite également une fontaine aux eaux réputées bienfaitrices pour les maladies de peau, des pieds et les plaies en général. Son pouvoir tiendrait beaucoup à l’abondance autrefois de la bugle rampante ou ajuga reptans autour de la fontaine lavoir. On prêtait, en effet, à cette plante vivace des pouvoirs cicatrisants sur les plaies, les ulcères ou encore les douleurs rhumatismales. La petite consoude ou consoude moyenne, comme on l’appelle également, était surtout utilisée dans les campagnes sous forme d’infusion.

On venait donc en juin, lors de la floraison, cueillir les fleurs de bugle et puiser l’eau de la fontaine lors d’une neuvaine où l’on ne manquait pas de prier Saint Écuélin. Ne cherchez pas dans la longue liste officielle – et parfois pittoresque – des saints vénérés par l’Église… Il n’y figure pas. Et pourtant, un des vitraux de l’église lui est consacré ainsi que le double vocable, officieux, de Saint-Martin et Saint-Ecuelin de la petite église. Ce saint, qui n’existe nulle part ailleurs, est sans doute né de la ferveur des pèlerins au XIXe siècle qui ont peu à peu accolé le nom du village à celui de saint. Un choix qui aurait pu être tout autre puisque la bugle est également connue sous le nom d’Herbe de Saint-Laurent.

Côté pratique

  • Le menhir Oratoire du Clapiot se situe à l’intersection de la rue du Calvaire et de la Ferme de l’Hôpital sur la commune d’Ecuélin.
  • La chapelle romane de l’ancienne commanderie des Hospitaliers est sur une propriété privée. Néanmoins, on l’observe très facilement de la route.
  • La fontaine lavoir de la Paturelle est en accès libre, en contrebas de l’église, impasse de la Fontaine. L’accès en pente douce est facile par temps sec. Par temps de pluie plus délicat pour les personnes en situation de handicap. Stationnement à l’église.

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vignette de la pierre de dessus-bise à sars-poterie dans article de tourisme de Nord Decourverte musverre est le musée du verre de Sars-Poteries dans l'Avesnois